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Paul Gauguin et Jacques Brel

9 octobre 2008 commémoration pour les 30 ans de la disparition de Jacques Brel  (voir la page )

Jacques BREL et Paul GAUGUIN sont les deux plus illustres habitants du petit cimetière de Atuona, avec vue imprenable sur la mer.
On peut également visiter l'espace consacré à Jojo, l'avion de Jacques BREL, abrité dans un espace consacré au chanteur.

Quant à Gauguin, l'espace culturel Paul Gauguin lui est consacré entièrement (voir la page)
 


         La tombe de Brel

 

 


la tombe de Paul Gauguin


Jojo, l'avion de Brel, avec Soeur Geneviève
et Patrick Poivre D'Arvor
 

Voici deux chansons écrites sur les Marquises, l'une par Jacques Brel, l'autre par Barbara en hommage à Brel

Les Marquises
(Paroles et musique : Jacques BREL 1977 )

Ils parlent de la mort
comme tu parles d'un fruit
ils regardent la mer
comme tu regardes un puits
les femmes sont lascives
au soleil redouté
et s'il n'y a pas d'hiver
cela n'est pas l'été
la pluie est traversière
elle bat de grain en grain
quelques vieux chevaux blancs
qui fredonnent Gauguin
et par manque de brise
le temps s'immobilise
aux Marquises

Du soir montent des feux
et des pointes de silence
qui vont s'élargissant
et la lune s'avance
et la mer se déchire
infiniment brisée
par des rochers qui prirent
des prénoms affolés
et puis plus loin des chiens
des chants de repentance
des quelques pas de deux
et quelques pas de danse
et la nuit est soumise
et l'alizé se brise
aux Marquises

Le rire est dans le coeur
le mot dans le regard
le coeur est voyageur
l'avenir est un hasard
et passent des cocotiers
qui écrivent des chants d'amour
que les soeurs d'alentour
ignorent d'ignorer
les pirogues s'en vont
les pirogues s'en viennent
et mes souvenirs deviennent
ce que les vieux en font
veux tu que je dise
gémir n'est pas de mise
aux Marquises

Jacques Brel
 

Gauguin (Lettre à Jacques Brel)
Paroles et musique : Barbara

Il pleut sur l'île d'Hiva Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d'ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l'île qui sommeille encore.

Il a dû s'étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s'étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l'enfance.

Tu sais,
Ce n'est pas que tu sois parti
Qui m'importe.
D'ailleurs, tu n'es jamais parti.
Ce n'est pas que tu ne chantes plus
Qui m'importe.
D'ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu'un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer, Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire ?
 

 

Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu'aujourd'hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu'il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s'étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s'étonner, Gauguin.

Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C'était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.

Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien.
 

Barbara

Jacques Brel avec les Soeurs ....d'alentour (1977) ; copyright Soeurs de Cluny
Jacques Brel avec les Soeurs ....d'alentour (1977)

Jacques Brel et l'avion Jojo (1977); copyright Soeurs de Cluny
Jacques Brel et l'avion Jojo (1977)

Ci dessous un article de Patrick Chastel, paru dans la Dépêche en 1998 pour le 20ème anniversaire de la disparition de Brel

Il y a 20 ans, Jacques Brel…     « QUAND ON N’A QUE L’AMOUR… »

Quel point commun peut-il y avoir entre Schaerbeek, dans la banlieue de Bruxelles, et Atuona aux Iles Marquises ? Aucun, si ce n’est un homme. Jacques Brel.

L’homme né le 8 avril 1929 dans les brumes du printemps belge a choisi d’être enterré là où « s’il n’y a pas d’hiver cela n’est pas l’été ». Le 9 octobre 1978, Jacques Brel s’éteignait à l’hôpital franco-musulman de Bobigny et sa dépouille rejoignait le petit cimetière de Atuona, au-dessus de sa maison, face à la magnifique Baie des Traîtres.
Vingt ans après, ses amis, ceux qui l’ont connu à Atuona, ceux qui se souviennent, ont tenu à se recueillir sur sa tombe en ce jour anniversaire. Un clin d’œil au grand Jacques pour « saluer le départ d’un ami » comme le soulignait le maire de la commune, Guy Rauzy, dans une brève allocution.
Cette cérémonie sobre et simple a réuni de nombreuses personnes autour de la tombe, à l’ombre d’un grand cocotier qui fut planté là il y a très exactement vingt ans. Le Père Joseph, Serge Lecordier, des gens du village, des touristes, des curieux, des admirateurs et quelques personnes aux souvenirs encore vivaces. Parmi elles, discrète, comme à l’accoutumée, Sœur Rose, à qui Jacques Brel envoyait une carte postale lors de chacun de ses déplacements, et qui demeure celle qui parle le mieux de la gentillesse de celui qui a rendu tant de services à la communauté des Sœurs, à l’école et à la population du village. Et tous regrettent qu’il soit parti trop tôt.
La jeunesse marquisienne a apporté également sa touche d’émotion avec la lecture par un jeune garçon du village d’une très belle chanson de Barbara intitulée « Gauguin » et dédiée à la mémoire du poète-chanteur. Les élèves de deux classes de quatrième du collège Sainte Anne entonnaient ensuite « Quand on n’a que l’amour ». Un titre qui se retrouvait au centre de la couronne qui était déposée, avec de très nombreux colliers de fleurs, sur la tombe.
Il y a quelques jours à Atuona, l’ombre du grand Jacques était bien présente. La preuve, la petite pluie qui est tombée pendant toute la durée du très beau texte lu par Père Joseph dont le papier se détrempait progressivement. Ce qui a fait sourire tout le monde. A commencer par le Père lui-même.
C’est, en altitude, sur la stèle édifiée en son honneur, non loin du terrain où il devait se faire construire la grande maison rêvée, que s’est terminée cette journée qui célébrait le vingtième anniversaire de celui qui a su si bien « dire » les Marquises.
 

 

 

 

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