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Le 6ème Festival du 16 au 19 décembre 2003 à Hiva Oa

 

Puamau
le 16 décembre 2003


Cette journée précède le festival proprement dit. Les pirogues venues de Nuku Hiva, de Ua Pou et de Hiva Oa ont traversé l'océan malré une mer forte. Mais les équipages ne renoncent pas et doublent la pointe de Matafenua dans des vagues impressionnantes Aprés une heure de retard, ils pénètrent dans la baie de Puamau ou une partie de la délégation de Nuku Hiva les attendaient au son des pahus pour la Cérémonie des Naiki, tribu qui symbolise le joint entre les îles soeurs.
La danse de l'oiseau fut magnifiquement interprétée par Nuku Hiva avec une force et une grâce inégalable.
Puis un excellent Kaikai fut servi aux invités. Les pirogues ont repris la mer vers 14h30 et nous donne rendez vous le 17 à Atuona pour l'ouverture du festival. Bravo à tous...

les pirogues arrivent
enfants de Puamau

 

 

Nuku Hiva
Nuku Hiva
 
Nuku Hiva
Nuku Hiva
Kaikai (le repas cuit au four marquisien)

 

 

ATUONA
le 17 décembre 2003

La première journée du festival commence mercredi à Atuona (Vaipio) par l'accueil des pirogues sur la plage et des Maires des Marquises aux sons des tambours et des pu (conques). Les pirogues de Nuku Hiva, de Ua Pou et de Hiva Oa s'approchent de la plage. Seule celle de Hiva Oa franchit les rouleaux sous les houras des délégations!

Puis les délégations se présentent une à une à Teviivii pour la cérémonie d'ouverture devant les officiels (chants, danses, prière, hymnes). Les fours sont ouverts à 11h30 et sont portés sur le tohua Teviivii.

A la nuit tombée sur le tohua Pepeu, Ua Pou ouvre le spectacle par une innovation: la cérémonie du Kava. Puis se succèdent Hawaii, Tahuata, Temarama de Tahiti, Hiva Oa, Rapa Nui (île de Paques), Nuku Hiva, Hia O Te Tama de Tahiti, Ua Huka, Manihii de Tahiti, Fatu Hiva et enfin SOS village clôt cette première journée vers minuit!

 
les pahus de Hiva Oa
la pirogue de Hiva Oa accoste Vaipio

 

 

Ua Huka
Ua Pou
Ua Huka
Four de Hiva Oa
Four de Hiva Oa
Ua Pou Cérémonie du Kava
 

 

TAAOA
le 18 décembre 2003

Cérémonie de désacralisation du tohua UPEKE à Taaoa, puis danses de Hiva Oa pour la cérémonie d'ouverture. Vers midi, quelques délégations montrent leur savoir faire dans l'art culinaire. Les battements des pahu nous rappellent sur le tohua pour les danses de l'après midi. Le public nombreux a envahi les terrasses dominant le tohua sur le site majestueux.

Le roi et la reine Rapa Nui
Rapa Nui 
ua pou Gyu Rauzy, Maire de Hiva Oa
Hiva Oa Hiva Oa
Le soir, retour au Tohua Pepeu pour la suite des danses, avec Nuku Hiva et ses flambeaux et tous les autres groupes
Nuku Hiva
 
Nuku Hiva
Hiva Oa
Nuku Hiva

 

ATUONA
le 19 Décembre 2003

Dernier jour: les conteurs s'installent sur le tohua et haranguent les spectateurs: des contes, des légendes mettent en valeur la beauté des langues et l'art oratoire de chacun. Hawaii excelle à ce jeu là. Puis les porteurs de cailloux s'inclinent devant la suprématie de Hiva Oa. Enfin on s'aperçoit que seuls les enfants savent se déplacer sur des échasses. La cérémonie de cltûre est émouvante. Certaines délégations présentent un dernier show, puis vient le temps des discours de remerciements et le 6ème festival se termine avec toutes les délégations dansant ensemble. Rendez vous dans 4 ans à Ua Pou...

Hiva Oa
 

échasses
tahiti
ua pou
Toti et Débora
Castres
Maires des Marquises et Mme la Ministre de l'artisannat
Hiva Oa Tumu
Haut Commissaire
     

            Un article de Marc Tarrats, paru dans Tahiti Pacifique n°153

Festival des arts des îles Marquises

Quel devenir pour un rassemblement culturel en pleine expansion ?

Le 6ème festival des arts des îles Marquises s’est tenu du 16 au 19 décembre sur l’île de Hiva Oa. Les populations des six îles habitées de l’archipel se sont donné rendez-vous pour fêter ensemble leur culture, comme elles le font régulièrement depuis 1991. Le thème de cette année était « Hoata », ce qui signifie clair, pur ou transparent, allusion à un festival ayant atteint sa plénitude et dégagé de tout obstacle culturel, permettant ainsi une transmission du savoir entre les générations. La qualité des arts présentés a une nouvelle fois dépassé globalement ce qui avait été proposé les années précédentes. Toutefois, cette sixième édition a surtout montré que les organisateurs devront désormais choisir entre limiter cette fête à un rassemblement marquisien ou en faire la grande manifestation culturelle des peuples de Polynésie, avec ce que cela nécessite de moyens (et donc de coopération avec l’Etat et le Territoire).

Douze ans après sa première édition, le festival des arts des îles Marquises, qui s’est tenu du 16 au 19 décembre 2003 à Hiva Oa, a démontré une nouvelle fois la richesse et la valeur de la culture marquisienne dans l’espace océanien. De l’avis de nombreux observateurs, la fête a été de grande beauté et particulièrement réussie.
La veille de l’inauguration officielle du festival,à Puamau, la journée était consacrée aux retrouvailles des descendants de la tribu des Naiki, partie de cette même vallée de Puamau et dispersée entre Atuona, Nuku Hiva et Ua Pou. Ce n’est que le lendemain que les festivités se déroulèrent à Atuona, village principal, où Vaka Nui, Vaka Moana et, Tapu Hei Toua, les trois grandes pirogues à voiles se sont regroupées dans la baie des traîtres, entre le motu Anakee et la pointe Feki, accueillies par plusieurs dizaines de pahu positionnés sur la digue de la plage. Le troisième jour, le rassemblement se tenait sur le tohua Upeke, le plus grand site archéologique de Polynésie française. La journée de clôture ramena tout le monde à Atuona.
La sculpture, le tapa, la vannerie, les danses, les chants et l’art culinaire furent déclinés tant qu’il fut possible, avec plus ou moins de réussite. Ainsi, le thème de la transmission du savoir entre les générations a été souvent traité de manière un peu floue. Seuls les groupes de Nuku-Hiva et de Tahuata ont clairement traité le sujet sur le fond, allant au-delà de quelques allusions vocales. Mais globalement, la qualité des prestations était en hausse au regard des festivals précédents. Et la délégation de Hiva Oa, qui avait été décevante à Nuku Hiva, a retrouvé des couleurs.
Autre caractéristique de cette 6ème édition, la population de l’île de Hiva Oa s’est investie comme rarement les autres îles l’avaient fait lors des festivals de 1995 et de 1999. Chaque vallée s’est complètement engagée pour la réussite de l’évènement, tant pour faire honneur à ses hôtes que pour pallier les tentatives de sabordage politique du festival. En effet, si les relations entre le comité organisateur et l’État ont été au beau fixe, celles avec le Territoire tenaient plus de la mendicité, tant ce dernier a joué le sourd d’oreille et l’aveugle pour épauler ce festival. Hiva Oa a-t-il payé une nouvelle fois son opposition politique au gouvernement ? Déjà lors de la commémoration du centenaire de la mort de Paul Gauguin, le Territoire s’était contenté de donner six vieux trucks (qui ont été tout juste réparés pour le festival) quand l’État versait plusieurs dizaines de millions. Quelques jours avant l’inauguration du festival, le Territoire n’avait toujours pas réglé les 20 millions de francs promis aux organisateurs, au contraire de l’État et des six communes des Marquises… Et les exemples de « bâton dans les roues » ne manquent pas : installation d’une carrière de concassage par l’Equipement sur un des terrains initialement envisagé pour le festival, plantations pour satisfaire les besoins en végétaux qui ne verront pas le jour, flottille administrative territoriale très en retrait, etc.
Près de 2000 personnes, outre les délégations, sont venues assister aux festivités. Avec la population de l’île, les sites choisis pour les cérémonies se sont avérés presque exigus pour les spectateurs. Le festival serait-il victime de son succès ? C’est aujourd’hui un des enjeux clefs pour les éditions suivantes. Avec plusieurs délégations extérieures à l’archipel (Rapa Nui, Hawaii, Tahiti, Marquisiens de France) présentes à Hiva Oa, les organisateurs doivent se décider entre un ambitieux avenir régional, la grande manifestation culturelle des peuples polynésiens (dont beaucoup sont des descendants des Marquisiens), ou un choix plus modéré d’un rassemblement ethnique, celui des seuls Marquisiens. Dans le premier cas, l’association Motu Haka, organisatrice de l’évènement, perdrait de sa liberté et serait obligée de partager le pouvoir décisionnaire avec les partenaires incontournables que sont l’État et le Territoire, voire avec des partenaires commerciaux. Un simple rassemblement marquisien permettrait en revanche aux communes des Marquises de subvenir, même en cas de désengagement des deux autres parties (ce qui n’est pas improbable), au financement de la manifestation.

Le risque d’un avenir ambitieux est de tomber dans les travers des manifestations territoriales de l’archipel de la Société avec une association organisatrice subventionnée à 100 % par le gouvernement et des fêtes « touristico-commerciales » en manque flagrant d’authenticité (reconstitution historique sur le marae de Paea, carnaval, Heiva...). Déjà, le village des artisans de ce festival ressemblait souvent plus à un marché des arts, à la surenchère parfois démesurée, qu’à un espace de démonstration de savoir- faire. Quelques sculpteurs sur pierre et sur bois ont néanmoins joué le jeu de la transmission du savoir.
De même, l’introduction progressive des moyens modernes (sonorisation, motorisation des pirogues, éclairage artificiel entre autres) peut risquer de faire perdre du naturel aux manifestations. Certes, le festival des arts des îles Marquises est à l’image du présent, avec son mélange de tradition et dei modernisme. Le danger est de donner à l’avenir une place trop importante à cette modernité qui engendre malheureusement trop souvent une uniformisation de la culture : Les chevaux ont ainsi disparu du festival, alors qu’ils sont une des caractéristiques de ces îles…

Un retour aux sources pourrait quant à lui favoriser l’émergence d’une unité politique marquisienne chère à Lucien Kimitete en obligeant les six communes des Marquises à se soutenir mutuellement plus qu’à collaborer. Cela sera peut-être également l’occasion de juguler les pressions journalistiques qui interfèrent parfois avec les prestations artistiques. Du fait d’un moindre besoin médiatique, cela évitera éventuellement d’avoir la caméra de RFO systématiquement au milieu des danseurs, sans beaucoup de respect pour la pureté des manifestations et le plaisir visuel des spectateurs, qu’ils soient ou non marquisiens.
Le défi est lancé pour Ua Pou, qui succèdera à Hiva Oa pour l’organisation du festival de 2007, à savoir trouver un juste équilibre dans le développement de la manifestation pour qu’elle renouvelle ces images rares propres au festival des arts des îles Marquises, comme la cérémonie du Kava ou encore la joie de danser des représentants de Rapa Nui pour ne citer qu’elles.

Marc Tarrats

prochain festival à Ua Pou en 2007 et mini festival à Tahuata en 2005

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Visitez le site du collège Ste Anne à Atuona, Hiva Oa.
Cliquez sur le lien : http://www.ddec.pf/cesa


Photos Eric Olivier :    

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