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cet oiseau là, on le cherche encore... Oiseaux des Marquises  drôle d'oiseau, vu souvent en compagnie d'un éléphant rose
 

Voici quelques photos d'oiseaux  (photos de Eric OLIVIER), prises à Mohotani ou Hiva Oa.  Merci à l'équipe de la société d'ornithologie de Polynésie qui a rectifié les erreurs de la page et nous a donné les textes ci-dessous et des légendes pour les photos.

Les caractéristiques de l'avifaune marquisienne : sa rareté et sa richesse

Aux îles Marquises on a observé plus de 60 espèces et sous espèces différentes d’oiseaux (marins, migrateurs, indigènes, endémiques et introduits). Une vingtaine d'espèces d'oiseaux marins nichent aux Marquises et on trouve également une vingtaine d'espèces terrestres dont une demi douzaine de migrateurs plus ou moins réguliers et 7 espèces introduites.

A coté des espèces terrestres largement distribuées dans le Pacifique comme l'aigrette des récifs ou Matuku (Egretta sacra), et la marouette fuligineuse ou Koao (Porzana tabuensis), l'avifaune terrestre est riche de 10 espèces uniques au monde (3 pigeons - 1 lori - 1 salangane - 1 martin-chasseur - 1 Rousserolle - 3 monarques), différentes de celles des autres archipels de Polynésie française et déclinées en de nombreuses sous-espèces endémiques, c'est à dire qui ne vivent dans l'archipel des Marquises que dans une seule île.

Monarque marquisien (Pomarea mendozae motanensis)  : Komako atua 
Espèce en danger d'extinction menacée par la réduction de son habitat forestier par le surpâturage et l'érosion due aux moutons sauvages sur Mohotani. La forme originale Pomarea mendanae mendanae de Hiva Oa et Tahuatu s'est éteinte au 20 siècle à cause de la prédation par les rats noirs.

Le Monarque (juvénile) de l'île de Mohotani  Pomarea mendozae motanensis

Juvénile du Monarque marquisien de l'île de Mohotani

 

 

nid de Monarque et son oeuf sur l'île de Mohotani

Le Monarque de l'île de Mohotani, dessin de Jean-Louis Saquet, tiré du livre de Pierre Ottino, Hiva Oa, images d'une mémoire océanienne, p23
dessin de J-L Saquet

Monarque marquisien mâle adulte de l'île de Mohotani
Monarque marquisien mâle adulte de l'île de Mohotani

Monarque marquisien femelle adulte de l'île de Mohotani

 

Monarque marquisien femelle adulte de l'île de Mohotani
Monarque marquisien femelle adulte de l'île de Mohotani

Seules trois des espèces endémiques des Marquises sont communes et distribuées sur la majorité des îles : la Salangane des Marquises ou Kope'a (Collocalia ocista), le Ptilope de Petit Thouars ou Kuku (Ptilinopus dupetithouarsii) avec deux sous espèces (Ptilinopus d. dupetithouarsii dans le groupe sud et Ptilinopus dupetithouarsii viridior dans le groupe nord) et la Rousserolle des Marquises ou Komako (Acrocephalus mendanae) avec 7 sous espèces.

Pour les autres espèces d'oiseaux terrestres endémiques, quatre sont restreintes aujourd'hui à une île : le Martin-chasseur des Marquises ou Pahi (Todiramphus godeffroyi) sur Tahuata, le Monarque marquisien de Motane (Pomarea mendanae motanensis) sur Motane, le Monarque iphis ou Patiotio (Pomarea iphis) sur Ua Huka et le Monarque de Fatu Hiva ou 'Omao (Pomarea whitneyi) sur Fatu Hiva évidemment. On peut également considérer que le Lori ultramarin ou Pihiti (Vini ultramarina) ne se rencontre plus que sur Ua Huka tant les observations de cet oiseau sur Ua Pou, Nuku Hiva et Fatu Hiva sont rares et semblent se rapporter qu'à des visiteurs ou des populations reliques non viables. Deux espèces sont présentes sur deux îles : le Carpophage des Marquises ou Upe (Ducula galeata) sur Nuku Hiva et Ua Huka où il a été réintroduit en 2000 par la Société d'Ornithologie de Polynésie et la Gallicolombe des Marquises (Gallicolumba rubescens) sur Hatutu et Fatu Huku avec des effectifs très faibles sur cette dernière île.

Gallicolombe des Marquises
(Gallicolumba rubescens)
sur Hatutu

(photos Pierre Ottino)

Rousserolle des Marquises (Acrocephalus mendanae)  : Komako
Espèce endémique des îles Marquises. La rousserolle est encore commune et possède un chant mélodieux qui permet de la repérer facilement dans la brousse semi ouverte qu'elle fréquente.

Rousserolle des Marquises (Acrocephalus mendanae) , Komako; Hiva Oa

  Rousserolle des Marquises (Acrocephalus mendanae)  , Komako, Hiva Oa

Les îles de l'archipel des Marquises sont une aire d'hivernage pour trois migrateurs réguliers, essentiellement nord-américains, dont le Courlis d'Alaska (Numenius tahitiensis) - espèce vulnérable selon les critères de l'UICN - et plusieurs autres plus occasionnels dont le Coucou de Nouvelle-Zélande ou Ka'eva'eva (Eudynamys taitensis).

L'homme est responsable de la naturalisation de 7 espèces d'oiseaux. Le coq (Gallus gallus) est arrivé avec les polynésiens ; tous les autres oiseaux ont été introduits à l'époque post-européenne et certains comme le Martin triste (Acridotheres tristis) et le Grand-duc de Virginie (Bubo virginianus) ont eu une influence néfaste sur les espèces d'oiseaux endémiques.
 

Ptilope de Petit-Thouars (Ptilinopus dupetithouarsii) : KUKU : île de Mohotani  
Le kuku doit son nom à son chant u-u-u u u u u u…. c'est un pigeon endémique des Marquises encore commun dans les forêts où il se nourrit de fruits du Banyan et du Ylang-Ylang

Ptilope de Dupetit-Thouars : KUKU : île de Mohotani

Ptilope de Dupetit-Thouars : KUKU : île de Mohotani

Ptilope de Dupetit-Thouars : KUKU : île de Mohotani

Quant aux oiseaux de mer, ils sont bien représentés avec plus de vingt espèces nicheuses de pétrels, puffins, frégates, paille en queue, fous, sternes et noddis. Les petits îlots proches des principales îles (Motu Oa et Mokohe à Ua Pou, Epiti, Emeni, Teuaua et motu Hane à Ua Huka) et des îles inhabitées (Hatutu, Fatu Huku et Motane) abritent des colonies importantes numériquement en raison de la richesse des eaux autour des Marquises. Certaines espèces sont restreintes aux îles Marquises comme la Petite sterne blanche (Gygis microrhyncha) et des espèces rares nichent dans ces îles comme le Pétrel à poitrine blanche (Pterodroma alba) et l'Océanite à gorge blanche (Nesofregetta fuliginosa).

Egretta sacra (Gmelin): Aigrette sacrée : matuku
Les aigrettes sacrées des Marquises sont toutes toujours grises (il n'existe pas de forme blanche comme aux Tuamotu ou à Tahiti)

Egretta sacra (Gmelin): Aigrette sacrée : matuku

 

Gygis alba

  
 

Gygis alba

  Gygis alba candida (Sparrman)   Sterne blanche     'inake, ko
(aussi appelé ailleurs : espirito sancto, l'esprit-sain, la goélette de la vierge, ...

 

 

Salangane des Marquises - Collocalia ocista : sorte d'hirondelle endémique de l'archipel, présente et commune dans presque toutes les îles des Marquises.

Salangane des Marquises - Collocalia ocista :
sorte d'hirondelle endémique de l'archipel, présente et commune dans presque toutes les îles des Marquises.
  (ici, île de Mohotani)

 

Noddi noirAnous minutus,  Oio, Ngoio

(île de Mohotani)

Noddi noir,  Anous minutus,  Oio, Ngoio à Mohotani

Leur ancien statut et son évolution

Les travaux des archéologues ont montré que l'intrusion de l'homme dans les îles de l'archipel des Marquises est vraisemblablement responsable de l'extinction d'au moins 10 espèces avant l’arrivée des européens (2 râles, 1 marouette, 1 poule sultane, 3 colombidés dont 2 gallicolombes, 2 loris et 1 gobe-mouche).
5 espèces ont disparu au 20ème siècle et pour certaines depuis moins de 20 ans. Citons leur nom pour mémoire : il s'agit Pomarea fluxa (Monarque d’Eiao), Pomarea nukuhivae (Monarque de Nuku Hiva), Pomarea mira (Monarque de Ua Pou) et Pomarea mendozae (Hiva Oa et Tahuata) et de Ptilinopus mercierii (Ptilope de Mercier ou Kuku peti) dont les deux sous espèces P. m. mercierii de Nuku Hiva et P. m. tristrami de Hiva Oa sont éteintes.
Ainsi c'est 60% des oiseaux terrestres qui peuplaient les îles Marquises avant l’arrivée de l'homme qui ont définitivement disparu.
Quant à la répartition géographique des espèces qui subsistent, la peau de chagrin que l'on observe aujourd'hui n'est pas le reflet de la situation antérieure mais le résultat d'extinction localisées comme celle de Ducula galeata (Upe) dont les ossements ont été retrouvés dans les fouilles archéologiques à Ua Huka et Tahuata et du Vini ultramarina (Pihiti) commun il y a encore quarante ans à Nuku Hiva et à Ua Pou.
Une telle hémorragie n'est pas un simple phénomène naturel inscrit dans l'évolution des espèces et il est très clair que l'homme et ses activités en sont la cause première
 

 

Une légende de l'île de Hiva Oa, Voyage à Aotona, recueillie par Karl Von den Steinen (Mythes Marquisiens vol 3 p24, éditions Haere Po No Tahiti) décrit des oiseaux mythiques, les oiseaux Kula
Des oiseaux entièrement rouges appelés
Kura existaient autrefois à Rarotonga!

Voici ci-dessous à gauche une aquarelle de Catherine Chavaillon sur ce thème

 

légende des oiseaux Kula (Aquarelle de Catherine Chavaillon )

Un livre (pour les enfants) sur la légende des oiseaux Kula est sorti aux éditions LE MOTU
en avril 2007


Texte de Patrick Chastel

Illustrations de
Catherine Chavaillon

 

Les menaces

On sent bien que des oiseaux dont l'aire de répartition est si réduite sont extrêmement menacés par toute agression qui pourrait modifier leur habitat : ainsi les ornithologues ont identifié depuis longtemps ces influences néfastes pour les oiseaux autant que pour l'homme.

• Les introductions de mammifères comme le Rat noir (Rattus rattus) responsable de la disparition du Lori des Marquises et des Monarques ou les chats pour les Gallicolombes.
• Les introductions d'oiseaux qui entrent en compétition comme le Martin triste responsable vraisemblablement de la raréfaction des rousserolles (Komako) et du martin-chasseur (Pahi) ou la prédation par le Grand-duc de Virginie pour les Ptilopes (Kuku) à Hiva Oa;
• Les destructions des habitats par le surpâturage dû aux herbivores (boeufs, moutons et chèvres) en liberté, le feu et les défrichements pour l'agriculture et les reboisements exclusifs en pin;
• Les aménagements non respectueux de l’environnement : construction de routes ou de quais sans mesures conservatoires.
• Les perturbations humaines directes comme le braconnage pour le Carpophage des Marquises ou la récolte des œufs d'oiseaux de mer non contrôlée.

Les oiseaux menacés

Sur les 10 espèces endémiques de l'avifaune terrestre des Marquises, 7 sont menacées d'extinction par BirdLife International qui est l’autorité compétente vis-à-vis de l’UICN (Union mondiale pour la Nature). Deux espèces sont 'en danger critique d’extinction' qui est la catégorie la plus élevée de menace de disparition : le Monarque de Fatu Hiva (Pomarea whitneyi) et le Carpophage des Marquises (Ducula galeata). Quatre autres sont 'en danger d'extinction' (EN) : le Monarque de Motane (Pomarea motanensis), la Gallicolombe des Marquises (Gallicolumba rubescens), le Martin-chasseur des Marquises (Todiramphus godeffroyi) et le Lori ultramarin (Vini ultramarina) enfin une est 'vulnérable' (VU), le Monarque iphis (Pomarea iphis).

Cas des oiseaux de mer
L'avifaune marine des Marquises a aussi une importance économique non négligeable car elle est encore essentielle à la détection des bancs de poissons dans le cadre de la pêche traditionnelle et la récolte des œufs (de sternes essentiellement) est une ressource alimentaire dans certaines îles que des prélèvements excessifs ou incontrôlées peut mettre en danger.
Deux espèces présentes aux Marquises sont menacées d'extinction : le Pétrel à poitrine blanche (Pterodroma alba) classé 'en danger d'extinction' (EN) et l'Océanite à gorge blanche (Nesofregetta fuliginosa) classé 'vulnérable' (VU).

Protection des espèces et des espaces

Les 7 espèces d'oiseaux terrestres endémiques des îles Marquises, menacés d'extinction selon les critères de l'UICN et la sous espèce de la Rousserolle des Marquises de Hatutu (Acrocephalus mendanae postremus) dont l'effectif est faible sont protégées par l'arrêté 296/CM du 18 mars 1996 modifié inscrivant certaines espèces sur la liste des espèces protégées relevant de la catégorie A (JOPF du 28 mars 1996 p 516).
Il garantit leur protection par l'interdiction permanente et générale de la destruction, la mutilation, la perturbation intentionnelle, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation de spécimens vivants des espèces animales ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente ou leur achat ainsi que la destruction, l'altération, la modification ou la dégradation des habitats sensibles desdites espèces.

L’archipel des Marquises est listé comme Zone d’Endémisme pour les Oiseaux (ZEO) par BirdLife International (Stattersfield et al. 1998). Cette ZEO relève de la catégorie où la situation est qualifiée de 'critique' du fait de l'importance biologique (+) et du niveau des menaces (+++).
Dans le cadre du programme d'identification des Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux une douzaine de sites ZICO ont été pré-identifiés (Raust, 2006, non publié).
6 sites des îles Marquises font partie de la liste AZE (Alliance for Zero Extinction) en raison de la présence d'oiseaux dont la répartition restreinte à une seule île ou qui sont gravement menacés d'extinction (CR). Il s'agit des îles de Hatutu, Nuku Hiva, Ua Huka, Tahuata, Motane et Fatu Hiva.
Trois îles, qui abritent 3 espèces d'oiseaux terrestres endémiques menacés sont protégées par la réglementation locale : Hatutu, qui est exempte de ruminants ensauvagés, Eiao et Mohotani qui sont très dégradées par les moutons et les cochons sauvages (Thibault 1989, Seitre et Seitre 1991).
 

Pour lire la suite du texte de la société d'ornithologie de Polynésie, cliquez ici pour télécharger le fichier en version .pdf:    manu-mq06.pdf  d'un poids de 253 ko
Télécharger des textes sur les oiseaux en .pdf (mis à votre disposition par la SOP) :

Pour beaucoup plus de renseignements sur les oiseaux de Polynésie
 allez sur le site WEB " Te Manu " des oiseaux de Polynésie :   www.manu.pf

 

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